Pour les professionnels du bâtiment, chiffrer ses chantiers peut être un processus délicat. En effet, il n’est pas facile de trouver le juste milieu entre facturer un prix réaliste et concurrentiel à vos clients et dégager une marge suffisante pour ne pas travailler à perte. Un paramètre en particulier permet de faire ce calcul : le déboursé sec.

Cet article vous explique comment utiliser la méthode du déboursé sec pour calculer votre taux de marge dans le bâtiment et s’assurer que vos travaux délivrent la meilleure rentabilité possible. 

Définition du déboursé sec

Dans le BTP, le déboursé sec désigne les dépenses nécessaires à l’exécution d’un ouvrage, sans compter la marge à dégager. Ces frais correspondent en général au prix de revient de la main d’oeuvre, au prix d’achat des fournitures et éventuellement à la location de matériel. C’est un indicateur majeur pour réaliser le chiffrage d’un chantier et évaluer son seuil de rentabilité.

Comment calculer un déboursé sec ?

Le déboursé sec (DS) concerne aussi bien le gros oeuvre et que le second oeuvre. Pour calculer le déboursé sec d’un ouvrage, il suffit simplement d’additionner tous vos frais de chantiers.  

➜ Taux horaire + matériaux + matériel = DS 

Le calcul du déboursé sec permet ainsi d’estimer le coût de construction d’un ouvrage pour que vous puissiez d’une part, rentrer dans vos frais, et d’autre part dégager un bénéfice satisfaisant

Exemple d’un déboursé sec

Plus concrètement, prenons l’exemple d’un carreleur étant chargé de poser un carrelage en faïence sur une surface de 5m2 dans une cuisine. Son tarif horaire est de 33€/heure et ce travail lui prend une journée, soit 7 heures. Le prix d’achat des carreaux en faïence est de 50€/m2

(7×33) + (5×50) = 481. Le déboursé sec pour ce chantier est donc de 481 €. 

L’utilisation de bibliothèques de prix

Les bibliothèques comme Batichiffrage ou Batiprix permettent de connaître facilement le déboursé sec d’une grande liste d’ouvrages les plus communs par corps de métier. Chacune de ces bibliothèques dispose d’un bureau d’étude qui va analyser les prix des fournitures chez les différents fournisseurs du marché et établir un prix moyen par département français. 

Concernant le temps de main d’oeuvre, leur bureau d’étude travaille avec de nombreux partenaires qui établissent le temps moyen nécessaire pour un ouvrier afin d’accomplir un ouvrage. Les conditions de chantier réelles sont prises en compte (problèmes d’accessibilité, contraintes de sécurité, etc.) afin de refléter au mieux la réalité.

Le coût de la main d’oeuvre est lui aussi établi sur la base d’une moyenne nationale. Il prend en compte les salaire des ouvriers par corps de métiers, les charges sociales, les temps improductifs et les indemnités journalières. Le tout doit être ensuite pondéré suivant le niveau de qualification de l’employé. 

L’utilisation d’un logiciel spécialisé BTP comme Neofacture permet d’avoir directement accès à ces bibliothèques. Ce qui évite de perdre de nombreuses heures à calculer vos déboursés secs dans un tableau Excel.

Comment calculer ses marges dans le bâtiment ?

Après avoir calculé le déboursé sec d’un ouvrage, vous devez appliquer le coefficient de frais généraux de votre entreprise à ce chiffre ainsi que le le coefficient de bénéfice pour obtenir le prix de vente HT de votre prestation.

Cette méthode vous permettra de constituer une bibliothèque d’ouvrages complète. En ajoutant ensuite ces ouvrages à un devis, le déboursé sec et la marge totale pour les travaux devisés se calculera automatiquement.

Méthode du déboursé sec – infographie

Voici une infographie résumant la méthode du déboursé sec :

Calcul du coefficient de frais généraux d’une entreprise

Les frais généraux de la société correspondent aux frais fixes hors frais imputables directement à un chantier : loyer du local professionnel, charges d’électricité et d’eau, frais d’assurance, facture téléphonique, salaire des employés administratifs, amortissement, investissement, etc.

On distingue ainsi deux types de charges :

→ Les charges variables, c’est à dire le déboursé sec spécifique à chaque chantier (matériaux, fournitures, matières premières, pièces détachées, équipements). 

 Les charges fixes (frais généraux), c’est à dire les dépenses courantes à payer tous les mois/ans, indépendamment du volume d’activité de l’entreprise. 

Naturellement, le coefficient de frais généraux va être plus ou moins élevé suivant les corps de métiers. En effet, certaines professions du bâtiment et des travaux publics ont des frais professionnels plus importants que d’autres. Un menuisier a obligatoirement besoin d’un atelier alors que ce n’est pas forcément le cas pour un électricien. Ce dernier aura donc en théorie des frais généraux plus bas. 

Les frais généraux peuvent s’exprimer sous forme de coefficient ou de pourcentage. Votre comptable doit pouvoir le calculer pour vous sur la base de votre exercice précédent. Dans le cas contraire ou si vous n’avez pas de comptable vous pouvez les calculer vous même.

Calcul du prix de revient

Une fois que vous connaissez votre coefficient de frais généraux (FG) il suffit de l’appliquer au déboursé sec (DS) de vos ouvrages et vous obtenez leur prix de revient (PR).

La formule est la suivante :

PR = DS * FG

Si par exemple le déboursé sec d’un ouvrage est de 1288,00 € et le pourcentage de frais généraux de votre entreprise de 33% (1.33) cela donne :

PR = 1288,00 * 1,33 = 1713,04 €

Calcul du coefficient de bénéfices et aléas

Ce coefficient correspond à la marge bénéficiaire que vous souhaitez ajouter au prix de revient d’un ouvrage. Il faut aussi y inclure les aléas dû à l’impossibilité de prévoir exactement tous les frais liés à un chantier ou à la gestion générale de votre entreprise.

Calcul du prix de vente HT

Lorsque vous avez défini votre coefficient de bénéfices (B) et aléas il vient s’ajouter à votre prix de revient (PR). La formule est la suivante :

PV = PR * B

Par exemple, pour un prix de revient à 1713,04 € et un bénéfice à 10% (1.10) :

PV = 1713,04 * 1.10 = 1884,34 €

A ce prix de vente HT viendra s’ajouter votre TVA afin d’arriver au prix de vente TTC de votre devis.

Coefficients multiples

Un artisan peut tout à fait décider d’établir plusieurs coefficients de frais généraux et de bénéfices pour les appliquer à différentes situations. En effet, il peut arriver qu’un chantier nécessite des frais annexes ou très spécifiques. De même, vous n’utiliserez peut-être pas les même coefficients pour des travaux réalisés en sous-traitance. 

Comment accroître ses marges en tant qu’artisan ? 

Tout l’enjeu pour un professionnel réside dans le fait d’équilibrer ses dépenses et d’engranger des profits satisfaisants, tout en restant concurrentiel. 

Pour augmenter vos marges, vous pouvez agir soit sur le prix de vente de vos ouvrages, soit sur le prix d’achat de vos matériaux. 

Dans le premier cas, soyez vigilant à ne pas augmenter trop drastiquement vos prix au risque de faire fuir votre clientèle. En effet, s’il y a un écart de prix trop important avec vos concurrents d’un même secteur, vous devez être capable de le justifier. C’est pourquoi il est toujours bon de se tenir informer des moyennes de prix pratiquées dans les différents corps d’état. 

Dans le second cas, il est toujours possible de négocier des remises avec vos fournisseurs si ce n’est pas déjà fait. Des réductions peuvent ainsi être prévues en fonction des volumes de commande. Sinon, n’hésitez pas à démarcher de nouveaux fournisseurs proposant des fournitures moins chères. À condition bien sûr que ce ne soit pas fait au détriment de la qualité du produit. 

Marges et déboursé sec avec Neofacture

Neofacture vous permet de calculer vos marges de deux manières :

– Un mode simple : il vous permet d’appliquer directement un pourcentage de marge sur vos déboursés secs afin de calculer vos prix de ventes HT.

– Un mode avancé : il vous permet de renseigner vos pourcentages de frais généraux ainsi que vos bénéfices et aléas afin de piloter votre entreprise de la manière la plus précise. Vous pourrez définir des pourcentages différents suivant les types d’éléments de votre bibliothèque (fourniture, main d’oeuvre, matériel, sous-traitance).