L’incubateur du barreau de Paris a été créé en 2014 sous la forme d’un think tank. Depuis 2018, il accompagne les sociétés détenues par des avocats qui proposent des solutions innovantes à destination de leurs confrères et des autres professions du droit.

Deux réseaux d’incubateurs se sont d’ores et déjà créés, un réseau national qui comprend douze barreaux et un réseau international. Les réseaux se coordonnent pour accompagner les startups qui souhaitent atteindre ces différents marchés.

Après avoir incubé quatre projets par an en 2018 et 2019 à Paris, il est question d’aller encore plus loin. À terme, une coordination entre les professionnels du droit et du chiffre pourrait être mise en place.

Selon Arnaud Touati, avocat au barreau de Paris, « la porte est ainsi ouverte à l’interopérabilité avec les logiciels des experts-comptables, des huissiers, des notaires etc. », afin que tous puissent travailler ensemble en bonne intelligence au profit d’un client commun.

Des incubateurs créés à partir des cotisations des avocats

« Les incubateurs qui dépendent des différents barreaux, que ce soit à Paris ou dans les douze barreaux concernés, sont atypiques dans l’écosystème en ce que leur budget provient, à ma connaissance exclusivement, si ce n’est essentiellement des cotisations des avocats », explique Arnaud Touati. À ce jour, il n’y a ni subventions publiques ni appels de fonds auprès d’investisseurs. Ces derniers interviennent souvent après la phase d’incubation.

« C’est pour cette raison que le réseau d’incubateurs ne s’adresse qu’aux projets portés par des avocats et détenus majoritairement par eux, c’est-à-dire à plus de 50% ».

Les quatre projets parisiens sont gérés et accompagnés par l’agence Hercule, spécialisée dans ce type d’accompagnement. Ils sont variés et à des stades divers de développement.

Ainsi, le projet DiJu doit permettre d’augmenter la productivité de l’avocat en facilitant la mise en page des documents créés sous word.

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Le projet Avostage facilite les démarches de recrutement de stagiaires et le projet Replick, quant à lui, aide à construire une argumentation juridique en matière de contentieux.

Le projet Juridifeel, enfin, est un outil de stockage et de gestion de la documentation juridique à destination des avocats et de leurs clients.

Ces exemples montrent la diversité des projets et un certain dynamisme. Quatre autres projets avaient déjà été incubés en 2018.

Les LegalTechs incubées bénéficient d’un programme d’accélération en quatre phases, la phase d’amorçage, la phase de développement, la phase de lancement et la phase de mentorat. À l’issue de ces quatre phases, les projets sont présentés aux avocats ainsi qu’à des investisseurs.

Un réseau national et international pour favoriser le maximum de projets

Comme précité, il existe un réseau national des incubateurs au sein de douze barreaux français. Ce réseau a été créé à initiative du Barreau de Paris. Il s’agit d’encourager le développement des LegalTechs à travers toute la France, mais également d’échanger des idées avec d’autres professionnels.

« Le but de ces réseaux est selon moi au niveau des incubateurs, de créer des synergies en vue d’améliorer les accompagnements proposés et au niveau des Legaltechs, de faciliter leur déploiement sur de nouveaux marchés, tant au niveau national qu’international » précise encore Arnaud Touati.

Au niveau international, les pays concernés à ce stade sont l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne pour l’Union européenne. S’y ajoutent d’autres pays comme London society, la Russie, Casablanca, Tel Aviv, le Liban ou encore le Québec. Mais, l’aventure ne fait que commencer, d’autres barreaux ayant déjà manifesté leur intérêt pour ce type d’initiatives.

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