Retraites: le déficit créé par la fin des cotisations sur les gros salaires évalué à 3,7 milliards l’an sur 15 ans

Retraites: le déficit créé par la fin des cotisations sur les gros salaires évalué à 3,7 milliards l’an sur 15 ans

L’instauration d’une « simple » cotisation de solidarité à 2,81% au-delà de 10.000 euros/mois va créer un manque à gagner de recettes évalué à 3,7 milliards d’euros l’an entre 2025 et 2040, s’alarme la caisse de retraite complémentaire des salariés du privé, l’Agirc-Arrco.

Comment se passer à l’avenir des cotisations d’assurance vieillesse des gros salaires finançant le système de retraites? C’est une des équations financières complexes que pose le projet de réforme des retraites, prévoyant que les cadres gagnant plus de 10.000 euros par mois (120.000 euros l’an) ne cotisent plus que faiblement à hauteur d’une cotisation de solidarité de 2,81%. Cette question est soulevée par une étude interne de la caisse de retraite complémentaire Agirc-Arrco des salariés du secteur privé, révélée par Les Echos et Le Parisien.

Il faut dire que la baisse de la contribution des gros salaires au financement du système de retraite par répartition sera d’envergure. Actuellement les salaires jusqu’à 27.000 euros par mois sont soumis aux cotisations vieillesse alors que demain, pour ceux (environ 300.000 personnes) qui gagnent plus de 120.000 euros nets par an (trois fois le plafond de la Sécurité sociale), soit 300.000 personnes, le taux de prélèvement va chuter à 2,81%.

Comment financer à terme les droits à retraite acquis des cadres supérieurs?

« Dans le cas d’un passage à un système universel sans cotisations versées au-delà de trois plafonds de la sécurité sociale, l’effet pour le régime Agirc-Arrco serait une perte de 4,2 milliards d’euros par an en moyenne sur la période 2025-2040 », indique cette étude interne. La création d’une cotisation de solidarité de 2,81 % (non créatrice de droits à la retraite pour les intéressés) ferait baisser ce manque à gagner à 3,7 milliards l’an sur cette période de 15 ans.

En outre se pose la question du financement à venir des retraites des cadres aux salaires de plus de 10.000 euros par mois versées selon le mode de calcul actuel (puisque les cotisations s’appliquent jusqu’à 27.000 euros pour l’instant).Play Video

Le syndicat des cadres CFE-CGC, qui réclame le maintien des taux de cotisation actuel, « dénonce une mesure non financée et une perte de droits pour des cadres, donc une baisse de leurs pensions, qui n’auront d’autres choix que celui de la capitalisation individuelle » explique Le Parisien.

« Pour tenir les engagements du passé, le gouvernement a promis d’étaler dans le temps la baisse de la cotisation au-delà de 120.000 euros de revenus, probablement jusqu’en 2040 ou 2045. Il devrait également y avoir des compensations pour les hauts cadres qui n’auront plus la possibilité de cotiser au régime universel et de s’ouvrir des droits à pension » souligne Les Echos.

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